[LAURÉATS 2017] « Musique, Numérique et Handicap » un projet porté par AMPLI

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En 2017, 3 appels à projets ont été lancés dans le cadre du Fonds Créatif Nouvelle-Aquitaine : « développement des coopérations professionnelles », « soutien aux labels structurants » et « développement numérique et nouveaux usages » .

Que sont devenus les projets lauréats ? Où en sont-ils de leur déploiement ?

Le Réseau des Indépendants de la Musique est allé à la rencontre de AMPLI, scène de musiques actuelles à Billère, lauréate de l’appel à projets « développement numérique et nouveaux usages » pour son projet « Musique, Numérique et Handicap ». Point d’étape.

Rappel du projet en trois lignes :

« Le projet « Musique, numérique et handicap » vise à la conception d’outils et de dispositifs numériques pour faciliter la création et la pratique musicale pour des publics en situation de handicap ».

RIM : Quel a été l’élément déclencheur du projet ?

AMPLI : Le projet est né :

  • d’un besoin de « terrain » : sollicitations constantes d’Ampli par des établissements spécialisés pour mettre en oeuvre des ateliers musiques à destination des résidents,
  • d’une volonté d’innovation technologique adaptée aux diverses formes de handicap,
  • du souci d’une SMAC-AMPLI d’intégrer dans son projet associatif l’accès à l’art et à la culture pour les publics dits « éloignés / empêchés », et la notion d’inclusion.

RIM : Où le projet en est-il aujourd’hui ?

AMPLI : Une première phase du projet a été lancée en 2015 – 2016. Un premier temps d’état des lieux et de rencontres avec des structures spécialisées accueillant des publics en situation de handicap a permis de définir des axes de recherche technologiques.

La conception de différents « contrôleurs » (capteurs numériques assujettis à des questions de préhension), après une phase d’expérimentation de pratique collective sur site avec des jeunes de l’Arimoc, a pu être réalisée et/ou améliorée par l’observation de la perception et de la réception des outils (ergonomie, design, matériaux…).

Une deuxième phase du projet (2017 – 2018) a priorisé une recherche axée sur la création de nouveaux contrôleurs (capteurs ultrasons). Les séances d’expérimentation par petits groupes (pratique collective en duo ou trio) avaient pour but, d’une part, pour chacun des jeunes, de s’approprier et d’appréhender les sons produits par le contrôleur, et d’autre part, de travailler une création collective interconnectée et systémique. Cette phase a également permis le développement d’une application spécifique interconnectée au contrôleur et manipulable par les intervenants, mobilisés dans une posture de « chefs d’orchestre ».

RIM : En quoi l’aide accordée a-t-elle permis à votre projet de se réaliser ?

AMPLI : L’aide accordée a permis le financement à la fois du matériel nécessaire, et à la rémunération des artistes intervenants mobilisés sur la phase de recherche, de conception et de création des outils et dispositifs numériques, ainsi que sur l’encadrement des ateliers d’expérimentation.

Plus largement, elle a permis de pérenniser la collaboration d’un groupe de partenaires engagé dans cette démarche.

RIM : En quoi ce projet permet-il de répondre à des besoins du territoire et du secteur ?

AMPLI : Si le projet est aujourd’hui dans une phase de « recherche et développement », à terme il vise bien à une large diffusion des outils et dispositifs numériques sur le territoire, afin d’inscrire la création et la pratique musicales au sein des établissements spécialisés dans une logique de régularité et de permanence. Ce projet participe d’une dynamique collaborative entre acteurs des secteurs médico-social/santé et des arts et de la culture, au bénéfice de publics « éloignés ».

RIM : Comment aimeriez-vous faire évoluer votre projet ?

AMPLI : Après les phases de pré-figuration et d’amorçage, permettant la modélisation de projets en fonction des handicaps et des objectifs, la phase de développement vise à passer de la conception de prototypes à celle d’outils « finis », et de trouver des modalités de diffusion sur le territoire et au sein des établissements.

La poursuite du développement du projet implique des financements pluriannuels et la ressource humaine nécessaire.

Typologie et rôle de chacun des partenaires dans le projet :

Structure de diffusion et d’accompagnement :

Ampli : coordination générale, ingénierie culturelle

Intervenants :

Guillaume Batista Pina : artiste intervenant, médiateur culturel, spécialisé dans les pratiques numériques en art contemporain

Pascal Demez : co-fondateur de Herrmutt Lobby, collectif belge de musiciens – ingénieurs-programmateurs dans le domaine des musiques électroniques

Structure sociale :

ARIMOC du Béarn (Association Régionale des Infirmes Moteurs d’Origine Cérébrale, Saint-Jammes): Association qui accueille 200 résidents. Ses objectifs sont de faire reconnaître les personnes en situation de handicap, de promouvoir leurs droits de citoyen, de répondre à leurs besoins, dans le respect de ces droits, et de permettre leur épanouissement et leur implication dans la société. Une quinzaine de jeunes résidents ont été mobilisés lors des ateliers, et l’équipe encadrante (éducateurs, enseignants, ergothérapeute, aide-soignants) ont été associés aux ateliers d’expérimentation


Un projet soutenu par le Contrat de filière musiques actuelles et variétés en Nouvelle-Aquitaine : État, CNV (Centre National de la chanson, des Variétés et du jazz) et Région Nouvelle-Aquitaine.

Avec le soutien du RIM (Réseau des Indépendants de la Musique en Nouvelle-Aquitaine).